Zia Carola.

Zia Carola. IMG_18181Ce qui se passe en mon âme et conscience alors que tu me dis que déjà, elle ne peut plus parler…

Il n’y a aucun mot, une sorte de gouffre, un mauvais vertige et je vois comme toi défiler notre enfance, moi qui a toujours fait fi du temps.

Et je sens comme un morceau de ma chair qui s’éteint, un vide, une horrible morsure, qui me laisse pantin.

12 ans après Maman, Carola qui s’en va…Et ses deux dernières gamines, si jeunes…

C’est vrai qu’elle n’a pas eu une vie heureuse, pour une grande partie. Tu sais Gina, Carola a disparu quand Gaelle est morte, et puis, ensuite, ce petit garçon, mort-né, cela l’a achevé., il n’y a sans doute rien de plus terrible que de voir ses enfants morts…

Ses quatre filles lui ressemblent beaucoup, elles sont comme elle était, pleines de vie, des petites fifi-brin d’acier…

Carola, avec ses nattes, Carola qui sans rien apprendre en classe, retenait tout!!Tu as raison, elle possédait une intelligence hors norme qu’elle n’a jamais exploité, et tout comme toi, je dis « était » car à cette heure, peut-être s’en est-elle allé.

J’espère qu’elle ne souffre pas, qu’elle na pas souffert.

Au-revoir, Carola, va doucement vers quelque chose que nous ne connaissons pas mais que j’espère pour toi, tendre, léger , bon.

Zia Carola.

Je ne sais pas où trouver la force de retourner au cimetière, mais je t’accompagnerai, ma frangine…

Je viendrai déposer sur toi des fleurs du Printemps.

 

 

 

 

 


Archives pour la catégorie Non classé

Comme ca passe vite….

L’une d’entre nous est malade bien malade, en faite je devrais dire mourante, mais sans doute par pudeur, ou par crainte de ce mot, je vais garder malade….

Notre sœur Caro, l’espiègle de la famille, l’insoumise, doit faire face à la maladie, et bientôt à la mort…

Même si le soulagement de l’éternité sereine me rassure, il n’en n’est pas moins qu’elle s’en va et pour toujours…. Il faut bien se rendre à l’évidence, la vie est un présent, et peut nous être enlevée sans qu’on s’y attende, et surtout jamais sans qu’on le souhaite. Mais comme le temps a passé vite.

Je revois encore cette fillette, toujours à l’affût de la moindre bêtise et de la moindre révolte…

« Je veux un chien » s’était-elle mis à hurler debout dans le vide, au bord de la fenêtre de notre chambre…. Si j’en ai pas un je saute…. En fait, elle avait repéré un beagle blanc et noir que des gitans trainaient derrière eux. Ce petit bébé avait attiré toute son attention, et ma sœur, toujours avec son grand cœur, avait décidé que la petite chienne ferait partie de la famille : Pas de problème, on avait déjà un tortue, environ 40 pigeons, alors pourquoi pas un chien…. En fait, c’était une petite chienne, et c ‘est ainsi que MAIKA est entrée dans notre famille.

Nous N’avons jamais regretté cette petite bête, gentille qui aimait les enfants. Elle a été longtemps mon plus fidèle compagnon de promenade, et un livre de la bibliothèque de l’école Paul Portier (le rouge et le noir de Stendahl) porte à jamais l’empreinte de la patte  ma douce Titoune. En effet, couchée à plat ventre, le livre ouvert devant moi, je n’avais pas vu arriver ma chienne qui sortait du bois voisin…. Les pattes pleines de boue elle s’était jetée sur moi, et….sur mon livre par la même occasion…

Alors merci Caro de nous avoir permis d’avoir une si gentille bête à nos côtés…. Tu étais de loin la plus intelligente d’entre nous, mais ton côté rebelle t’a joué bien des tours…. A 16 ans tu es devenue mère, et tu avais un plaisir immense à jouer à la poupée avec un vrai bébé… Tu voulais beaucoup de petits enfants, et tu en as eu 5… Bravo.

Melle aimait les nénéfans, et les nipotamtams…. Elle détestait les pisetoiles (suppositoire), et ne voulait pas qu’on lui prenne sa piasse…

Je parle déjà de toi au passé ma belle, alors que tu tentes, sans doute, encore de te raccrocher à la vie… Elle n’a pas été bien bonne pour toi… alors laisses la aller… Va rejoindre papa et maman et dis leur combien ils nous manquent, et combien nous sommes fiers d’être des Hongrois…  ZIA KIS CAROLA… ZIA….

 

L’une de mes plus grandes peurs,

Je la dois à Maman, un soir qu’elle voulait mettre une pièce dans le mouchoir de l’un d’entre vous, (sans doute Dédé ou Alain, parce qu’on était dans le grand lit), pour la petite souris, elle m’a surprise en plein rêve et j’ai eu la frayeur de ma vie avant de la sentir, avant d être rassurée par un bisous, une caresse sur les cheveux!!!Cette fois-là, je te promets, j’ai eu une trouille peut-être bleue mais en tout cas, nocturne!!!

 

 

 

Ce grenier que j’adorais!

Mon œil de photographe se souvient de tout!

Quel bonheur, cet endroit, mon âme solitaire y trouvait tous les repos.Dans mes souvenirs, je bénéficiais d’une petite pièce, il y avait une lucarne, je regardais le monde…et surtout les toits!!Et la ruelle en bas de chez nous.

Mon souvenir le plus impérissable est les maisons-de-papiers.Je me souviens, je sens la poussière de gros albums, tu sais, ceux où il y avait des échantillons de papiers et de tissus.Notre imagination n’avait aucune limite pour construire, en papier, notre maison, celle, née de l’imagination, celle née d’un modèle.On faisait de minuscules canapés, on allait jusqu’à orner de couvertures les lits que l’on créait.

Tous les détails y étaient, on faisait tout en papier, une commode, une cuisinière!!!

On n’y a passé un temps infini et parfois, j’y retourne!

Elle étaient magnifiques, nos maisons, car avec ciseaux, colle, patience nous en faisions notre réalité.

Nous avions une chambre pour six gosses! deux lits gigognes, un lit deux places, notre espace était restreint, sauf au grenier, tu sais Gina,  j’adorais les jours de pluie où Maman nous y envoyait, je me souviens pour moi, de ma « tannière » chèrement conquise et défendue!!

Aujourd’hui je revois cette charpente, je revois ces tuiles que nous apercevions quand d’aventure, Maman venait poser une bassine sous une fuite du toit.Je revois de grandes toiles d’araignées, dans les recoins sombres, qu’en vrai chat, je me devais de parcourir!

Le grenier, ces instants où je me sentais si bien, avec mon territoire.

Le grenier où nous avons si bien joué.

 

 

 

 

LE GRENIER

Comme dans toute bonne vieille maison qui se respecte, la notre avait un grenier….

Longtemps inexploré, la maturité des jeunes bambins que nous étions, à fait que nous avons finit par y grimper….

Quand je dit grimper, le terme est vraiment approprié : On descend à la cave, on monte dans les chambres, et tout naturellement, on grimpe au grenier. C’est tout a fait logique lorsqu’on découvre que derrière la dernière porte, en haut du palier, il se trouve, encore, et encore des marches…

Quand on commencait à les gravir, il nous était impossible, à cause de nos petites tailles sans doute, de voir où cela nous menait. Le grenier avait pu garder ainsi, sans aucun effort, Son grand secret.

Comme il était peu fréquenté, les marches de l’escalier étaient poussièreuses, mais surtout fragiles. Le grincement de chacune d’elles, suffisait à enlever la petite étincelle de courage que nous avions au fond de la poitrine.

Une marche après l’autre, doucement, très doucement, nous écrasions nos petits pieds sur chacune d’elles… Elles criaient :

- Attention, vous n’avez pas le droit de grimper ici, il y a de la vie que vous ne soupconnez meme pas…

Elles avaient surement raison, mais pour la premières fois, nous étions bien décidées à voir ce qui se cachait dans cet univers mystérieux… Je dis bien nous, car n’allez surtout pas penser que la première expédition s’est faite avec juste un individu. J’avais donc décidé, avec ma soeur Caro, de franchir le pas…

Les bras bien écartés, pour alléger notre poids, nous montions, la peur au vendre, les yeux grands ouverts et les oreilles bien attentives au moindre petit bruit. La seule lumière qui pénétrait la place, provenait d’un chassis dans le toit. Il était fort bien placé, mais n’offrait de la luminosité qu’à la pente interminable à grimper.

On se tenait par la mains, et je tirais sur le chandail de ma soeur pour etre bien sure de sa présence. Comme j’étais l’ainée, j’étais devant… et morte de peur. Efin arrivée en haut des marches, j’ai découvert un petit palier avec un interrupteur : Ouf, il venait de me sauver la mise… Ma peur tranquilement s’évanouisait, puisque je pouvais, enfin, voir  »le nouveau monde » qui s’offrait à nous.

En faite, il n’y avait rien du tout dans ce grenier, mise à part de la poussière et… des souris…. C’était visiblement un endroit que nos chers parents avaient complètement délaissé… Qu’à cela nous tienne, nous venions de trouver notre petit coin à nous, et cette fois, nous n’avions plus à déménager nos jouets et autres bébelles, pour faire place au ménage, à la grande chaise, à la visite et à je ne sais trop quoi encore…. Le grenier venait de trouver ses maitres, et c’était nous.

L’espace était divisé en 3, et très vite, je me suis appropriée le seul qui possédait une porte et une fenetre.

Comme j’étais bien, dans mon petit coin, enfin à moi toute seule…Il y avait des étagères et un semblant de comptoire. J’adorais me retrouver là. N’oubliez pas que nous étions 6, et que seuls, 3 d’entre nous (ma soeur Clara aussi finit par grimper), bénéficaient de l’autorisation, enfin accordée par maman.

Une fois le ménage fait, nous avions rendu la place attraillante (du moins pour nous). On s’y déguisait, on y jouait à toute sorte de jeux, on y lisait, bref on y vivait. Maman finissait meme par se facher et nous sommait de sortir un peu prendre l’air plutot que de rester à l’ombre, les genoux dans la poussière. En ce qui nous concerne, on ne voyait pas le temps passer, et très vite le grenier qui nous avait tant fait peur, était devenu notre ami, notre confident, notre refuge, bref notre incontournable nid. Nous étions chez nous, tout en étant chez nos parents.

Ils sont bien chanceux les jeunes d’aujourd’ hui, d’après ce qu’on dit : Chacun sa chambre, dés le plus jeune age. En ce qui nous concerne, il nous a fallut attendre bien longtemps pour en arriver là, et meme si notre grenier (car il était bien à nous), n’était pas aussi confortable, il n’en n’était pas moins beau et agréable à  vivre.

On a peur que de ce qu’on ne connait pas ou qu’on ne voit pas… Notre grenier en a été un parfait exemple.  Je garde de cet endroit un merveileux souvenir d’enfance, où sans nul doute, j’y ai laissé,quelques uns, de mes plus beaux souvenirs d’intérieur. La cuisine était notre nid douillet, le grenier, apprivoisé, était devenu notre paradis… 

Quoi?, vous avez dit « religion »?

Pour ma part, je suis tout autant dubitative vis-à-vis des hommes que de dieu.Un peu moins pour les hommes.

Je crois en leur capacité à rectifier leurs erreurs.Même si c’est lentement qu’ils se retournent.

Quand à dieu, j’en ai trop entendu pour m’en faire une idée satisfaisante.

Pour moi, c’est « l’ici et maintenant » que me soutient dans les moments de désespoir.

Et mon oreiller.

Quoi ? Vous avez dit religion …

C’est bien tard, aux environs de 8 ans, que j’ai appris, (et je ne me souviens plus des circonstances), que mon père était Catholique et ma mère Protestante….. Ou inversement….

Comme tous les enfants du village, le Jeudi était notre journée, puisqu’il n’y avait pas d’école (eh oui … dans le temps….. le bon vieux temps… c’était comme ça).

Le programme à la télévision était tout particulièrement fait pour les enfants dès les premières heures de l’après-midi : Tintin (un berger allemand) et Rusty, son petit soldat nordiste, couraient l’aventure…. Mais celui qui remportait toutes les attentions, c’était sans nul doute ZORRO…. Le chevalier à la cape noire qui sauvait les pauvres mexicains, de l’autorité , de l’avarice  et de l’injustice….À 16 H donc, où que nous soyons, on se retrouvait tout naturellement assis devant une T.V. À cette époque, nous n’en avions pas encore une, et c’est à force de nous courir après pour savoir où nous étions, que nos parents ont finit par s’endetter pour une télévision noir-et-blanc à trois chaines….

Le curé de notre village avait remarqué que l’on allait pas à l’église, et pire encore au catéchisme…. Un jour qu’il n’avait rien d’autre à faire, sans doute, il passa la porte de notre logis :  »Je ne vois pas vos enfants à l’église » a t-il dit à ma mère. Pour avoir été présente lors de cette remarque, je peux vous dire, que notre mère n’avait pas été impressionnée, ni même gênée par cette silhouette tout de noir vêtue. Bien droit dans les yeux, celle-ci lui répondit : Ce sont mes enfants qui feront le choix de leur religion. Mais je vais demander à Gina si elle veut aller au catéchisme.Ni une ni deux, je me retrouve tous les jeudis à 14 h, dans une belle bâtisse que je n’avais encore pas remarqué dans le village, avec environ une douzaine d’autres enfants….On nous raconte de belles histoires, on chante des chansons, on nous offre même des petits gâteaux…. C’était correct, jusqu’au moment où je m’aperçu que je loupais systématiquement ZORRO…. À ben là! Ça marchait plus…. le Bon Dieu venait de me perdre … Il n’était pas question que je loupe mon héros préféré, puisque lui, sauvait des pauvres gens aussi, mais en plus, il était ……… beau…..

Je suis allée plusieurs fois à la messe.C’était Ma sortie toute endimanchée : En jupette, petite veste en velours noir et… le nec plus ultra: des gants.Je me souviens avoir pénétré la première fois dans l’église…religieusement silencieuse. D’un seul coup d’œil, j’avais remarqué que les femmes se tenaient à gauche, alors que les hommes, eux, étaient cordés à droite de l’allée principale. Les gens avaient tous une mine triste et exagérément sérieuse. La place me parue très austère, et surtout glaciale.La voix de notre curé faisait écho, et je regardais partout autour de moi, les gens s’assoir, se lever, s’agenouiller, se relever, s’assoir, et s’agenouiller à nouveau,(quel cirque). Je ne comprenais même pas ce qui se disait, et pour cause, la messe se disait en latin….

Bien entendu, à Gyé, comme partout ailleurs, il y avait des  »bigottes » .Ces femmes, seules pour la plupart, dévouées à leur curé, pouponnées, endimanchées, et surtout avides de ragots et de potins. J’aimais m’approcher de leur groupe et les écouter cancaner sur , tantôt sur la couleur de la robe de Mme Cousin,  tantôt les cheveux de Mme Josselin. Mais le top du top, c’était lorsque la phrase commençait par  »il parait que ».Je savourais alors les derniers commérages, pour aussitôt, les rapporter à la maison…. Maman ne se mêlait pas aux femmes de Gyé, et se moquait complèment de tout ça. Mais moi, je trouvais là, un intérêt démesuré à attendre la fin de la messe.Mais pauvre de moi, qu’est-ce que je faisais à l’église ??? Croyez moi, je ne me suis pas longtemps posé la question, car très vite je me suis lassée de cet ensemble de mimiques qui ne me rejoignait pas et dont je ne comprenais pas ni le sens, ni la nécessité.Le temps a bien vite passé. Apres avoir gardé des enfants dans une famille protestante (Les Van der Slin), je m’aperçu que, cette fois, je me sentais plus proche de la manière d’approcher Dieu et ses apôtres.A 16 ans donc, je me suis faite baptisée, et… confirmée, après avoir suivit des cours de catéchisme avec une femme, mariée et mère de plusieurs enfants….

La religion est pour moi un refuge, un bien-être qui m’aide à avancer dans notre monde de mortels, bien fragiles, et revendicateurs…. Même si je ne suis pas pratiquante, il n’en est pas moins évident, que dans les moments de désespoir, seule ma religion me soutien et m’aide à me tenir debout.Avec l’Histoire, j’ai découvert qu’au nom de Dieu les hommes se sont entretués… gratuitement… pour enrichir les autorités de l’église et les souverains….

De nos jours, Dieu a quitté les églises, et s’il est sans doute dans le cœur des Chrétiens, il s’en faut peu pour que sa petite voix se trouve « étouffée par la luxure, l’égoïsme, et les faux désirs qui ne sont même pas des besoins.

Les stars ont remplacé les dieux, et nous les adorons de façon toute aussi crédule.

Les politiciens ont remplacé les curés, et tentent de nous faire croire, que tout comme autrefois, ils sont là , gérants de nos sociétés pour le bien-être des citoyens…

Le modernisme éloigne l’homme de l’humanite toute entière, et c’est malheureusement impuissante, que je constate que nous n’avons pas pris la bonne voie… Un jour nos églises deviendront des musées, et nos sociétés seront pauvres d’aspiration et muettes d’espoir…. Nous aurons alors perdu la base même de nos racines en tant qu’individu moral et spirituel….

Les voisins.

Comme toi, Gina, je me souviens de Mémère Pouillard, de tonton Jacquot et de Madeleine, de leur fille Pascale, aussi.L’été, on faisait des Monopoly, tu te souviens?, dans leur grenier.On était nombreux à jouer et les parties étaient longues, parfois, on les reprenait le lendemain.J’adorais ces moments où la pluie dehors chantait sur le toit, où la moiteur de l’été donnait à nos corps des reflets.

Tu te souviens de la « relaxation » de Madeleine.Que de fous-rires!!!Tu sais, elle en fait toujours, à 75 ans, elle dirige le club de gym à Gyé!.Je vais leur rendre visite parfois et ils sont toujours aussi proches malgré le temps qui passe, ils nous aiment et on les aime.J’apprécie cette familiarité familiale d’adoption, cela réchauffe le cœur.Cela m’attendrit quand je pense qu’ils nous ont vus tout petits.Et ils n’ont pas changés, tonton, toujours prêt au calembour et tata, marrante, tant son esprit gentil est parfois lent, ce qui à chaque fois est repris par tonton: »Ben, enfin, Madeleine!! »hi!hi!cela me fait marrer car ça a toujours été.Adorables est le mot pour les qualifier.

MES VOISINS – 2 –

Toujours plus loin, en allant sur la rue, on avait ensuite un autre couple : Ces gens là étaient très spéciaux.Ils étaient les parents du Maire.Alors fallait faire attention. : De ne pas déranger, de ne pas faire trop de bruit (mais on s’entend que le  »trop » arrivait vite à niveau), de ne pas courir partout sur la petite place (mais elle était à tout le monde). Bref, ça chialait pour des riens.Afin d’avoir plus d’intimité et moins de bruit sans doute, ils avaient laissé une haie de Cèdres pousser, qui délimitait parfaitement leur territoire.C’est incroyable de voir à quel point on oublie, et surtout les mauvaises choses et les mauvaises gens.Et malgré une proximité qui dura plus de 15 ans, je ne me souviens plus de leur nom… Par contre :Un jour, notre père, écœuré de leur attitude vis-a-vis des enfants et du quartier en règle générale, avait pris notre bonne vieille lessiveuse, l’avait retournée, et s’était, en quelques secondes, développé un instinct de joueur de djembé.Vous auriez du voir la tête de nos deux sexagénaires.Frustrés derrière leurs fenêtres, et n’osant pas pointer leur nez plus que ça, ils avaient encaissé, sans broncher à l’extérieur, la mélodie endiablée et fougueuse de mon cher papa.Tous ces voisins, sont sortis de ma mémoire d’adulte, et je ne garde un profond respect qu’à Mémère Pouillard, Tonton Jacquot et Tata Madeleine. Ils ont su, au travers des préjugés, nous aimer, nous écouter et partager la vie si humble et si solitaire de nos deux parents.Mais nous avons eu la chance, comme d’autres sans doute, de côtoyer des gens qui nous ont marqués, sans pour autant habiter tout proche de chez nous, mais à 2 minutes ou 5 peut-être.La première de ces personnes est Mme HERVE.Rien que d’écrire son nom, le respect et l’admiration m’envahissent : Une petite femme que j’ai surprise un jour les cheveux détachés. Ils descendaient en dessous de ses genoux.Oui, Mesdames, en dessous de ses genoux. Je vous laisse imaginer la hauteur du chignon qu’elle coiffait tous les jours. Ce hennin naturel exigeait d’elle un maintien de la tête bien spécial. Son allure en était toute influencée : Droite, digne comme une reine avec sa couronne en permanence sur la tête.Son époux, Mr HERVE, travaillait dans les assurances, et c’était, à ma connaissance, les seules personnes avec qui mon père avait du plaisir à converser : Tout y passait, mais surtout l’économie et la politique. D’ailleurs, Mr HERVE, abonné au Nouvel Observateur, réservait religieusement, après chaque lecture, la  revue pour papa.J’en ai vu des piles de ce magazine… des piles…. mais il n’ était pas question qu’on s’en sépare, les informations, comme disait papa, y étaient trop importantes.Nos amis,très avancés en âge, avaient eu une fille, Joëlle, sur le tard comme on dit. Joëlle n’était ni belle, ni laide, mais elle avait pour elle le cerveau de ses deux parents. Comptable internationale à présent, elle est mère de deux enfants qui réussissent aussi bien que leurs parents et leurs grand-parents.J’ai très peu côtoyé Joëlle, tellement elle avait pris de la vitesse dans les études. Mais nous la connaissions tous à la maison pour son linge.Et oui, j’ai eu la chance de porter son linge de 2ème position, ce qui n a pas été le cas pour mes autres sœurs, pour qui c’était la 3ème et 4ème…. Cela aidait beaucoup maman qui faisait ainsi de belles économies.Porter du beau linge à la campagne, ça vous donne toute une allure. Moi, avec le temps, j’ai développé le goût pour les belles choses, et, sans pour autant y mettre une fortune, j’aime m’habiller.

Mais revenons à Mme HERVE : Elle vivait, avec sa petite famille, dans une superbe maison au bord de la rivière. Passé le petit portail, une allée nous invitait chaleureusement  vers la porte de chêne, centrée très méticuleusement entre deux pots-de-terre à fleurs. Sur notre droite, la pelouse bordée d’arbres, laissait paraitre un préau qui donnait vue sur la rivière. Ce petit terrain, à lui seul, était le paradis à mes yeux.A L’intérieur, tout de suite à gauche de l’entrée : le bureau trônait majestueusement. Je dis trônait, car bien qu’il soit sur le même niveau que les autres pièces de la maison, on sentait en entrant que c’était là que tout se passait : Papiers, livres, fauteuils, tout y avait sans doute sa place bien précise, mais pour mes yeux d’enfant, c’était comme une montagne de connaissance mystérieuse à laquelle on m’avait formellement défendu d’accéder.Je ne me souviens pas très bien du salon, car je n’y suis pas allée souvent. Par contre, la cuisine, Ah, la cuisine : Des murs oranges à souhait, une grande table de chêne et des bancs.Joëlle performait à l’école, pendant que sa mère me donnait des cours. Assise sur un banc, je lisais, ou plutôt, je travaillais ma lecture, avec un petit goûter, qu’on m’offrait gentiment. Mme HERVE faisait son travail de seconde maitresse de façon très professionnelle et plus encore. J’ai découvert avec cette dame, le plaisir des muses, de l’architecture. Elle a développé en moi le respect des vieilles choses, l’amour du beau, l’admiration des gens qui ont façonné l’Histoire en règle générale.Que vous dire d’autre, Chère Mme HERVE, que tout simplement MERCI. Merci de m’avoir consacré tout ce temps, merci d’avoir été la meilleure amie de maman. Grâce à vous elle a appris un bon français lors de vos petits après-midis thé-café. Merci tout simplement de nous avoir pris comme amis, nous et nos parents. Vous étiez des gens particulièrement estimés à Gyé, et le simple fait de vous compter parmi les gens qui nous respectaient, venait tout simplement prouver aux pauvres pouilleux de notre village, que nous étions des gens dignes d’intérêt et pas le moindre.Après bien des années, Mme HERVE  s’est fait couper les cheveux. A la garçonne à présent, ses beaux yeux sont mis en évidence, et son visage, ainsi que son port de tête, sont enfin libérés.Elle vit à Dax à présent, et c’est le fils de M. MATHIEU (gendre de Mémère POUILLARD) qui vit à présent dans la belle propriété. J’ai entendu dire que Serge MATHIEU est peintre. Il doit sans doute passer de bons moments sous le préau…Mr HERVE est décédé il y a bien longtemps, et je suis allée sur sa tombe en 2000, lors de mon dernier passage en France (suite au décès de Maman).C’est ainsi,  les gens que nous croisons ne savent pas toujours à quel point ils vont influencer notre enfance, et par la suite notre façon de voir les choses. Cette inconscience est à l’origine même de la qualité de ce que nous recevons. Car c’est sans aucune attente en retour que l’amour, la connaissance et tout simplement le partage nous est donné.Alors tout simplement merci a vous.

 

 

 

 

LES GENS DE MON VILLAGE…. Partie 1 – mes voisins -

Comme tous les villages, Gyé avait des habitants (465), mais tous ne m’ ont pas marqué.

Nous vivions dans une maison jumelée, et de par la force des choses, nos voisins étaient très proches….

Au fond de notre rangée de logements, se trouvait  »la propriété » de Madame POUILLARD. Pour moi et mes parents c’ était Mémère Pouillard. Comme nous n’avions pas de famille, cette brave femme qui avait eu 13 enfants (qui vivaient tous à Paris), nous avait adoptés : Un de plus un de moins, le compte importait peu, puisque de toute façon elle n’avait pas les obligation dues au rang que nous lui avions conféré.

Mémére Pouillard était toute une pièce de femme… pour ne pas dire une grosse femme. Je me souviens d’elle comme un être fort, au sens propre comme au sens figuré. Sa voix était imposante et son rire allait de paire. Pour chasser son ennui de veuve ( d un saoûlon grand et maigre que j’ai en fait peu connu), elle venait en soirée regarder les matchs de catch chez nous…. Nous les enfants, couchés à l’ étage supérieur, riions de ses encouragements et de ses remarques :  » T’as vu, il est tout p’tit… Allez frappe-le … Tue - »etc… On la voyait, sans la voir, debout les poings en l’air en train de jurer…. Et ça nous amusait…. Nul besoin de regarder le match, ça ne nous intéressait pas. A elle seule, Mémère faisait le show…Assise l’été au fond de sa cours, elle tenait compagnie à maman pendant les séances de couture, tricot etc… Je me souviens avoir ramené, une fois, une vipère morte au bout de deux bâtons . Toute fière de moi, et de l’argent que je pouvais tirer de la » bibite » morte (le garde-champêtre nous payait), je brandissais l’animal mort… Oui , il était mort, mais à force de l’agiter, Maman, elle, ne l’avait pas soupconné. Elle lança tout en l’air, y compris la paire de ciseaux qui atterrit directement en haut de ma cuisse…..Je garde encore la cicatrice de ce moment glorieux, mais au combien ensanglanté….Mémère était une brave femme qui s’occupait de ses poules et de son jardin. Ses enfants lui avait offert un Berger Allemand pour la protéger (on n’a jamais su de quoi… à Gyé (???)). Dick était devenu mon compagnon de promenade, mon excuse, avant notre belle Maika, pour m’évader de la maison et de mes devoirs d’aînée.Inutile de vous dire que ce bel animal, juste par sa race, êloignait bien du monde. Avec lui je me sentais bien, meme si je ne le maitrisais pas toujours…. Et oui que voulez-vous à 10 ou 11 ans et grosse comme ‘jétais, je ne faisais pas le poids… Mais Dick appréciait trop ma présence pour nuir à nos ballades quotidiennes..Comme je l’ai mentionné, Mémère avait 13 enfants. La plupart, comme de nombreux Parisiens de l’époque, avait une maison de campagne. Tout ce petit monde venait gonfler la population de notre village lors des vacances et autres périodes de congé de l’année. Ceux qui avaient élu domicile à Gyé, éstaient devenu par la force des chose, nos tontons et tatas…. C’est ainsi que nous avons eu, entre autre,  Tonton Jacquot- Tata Madeleine. Ah! les braves gens que c était-là : Toujours heureux en arrivant avec leur voiture. Eh oui, ils avaient une voiture, eux…Tout à coup, comme par enchantement, le village se mettaitàa vivre à un autre ryhtme. Ils avaient, sans nul doute, apporté avec eux, un grain de folie de la ville… Les comptoirs des commercants se remplissaient de  produits  différents, et les rues se faisaient grouillantes…

Tonton Jacquot avait eu un grave accident, et portait un cache de cuir sur la tempe gauche pour camoufler un creux… anormalement grand…. Il avait toute une voix, lui aussi, et son rire et ses blagues mettaient de la vie dans le quartier. Quant à Tata, je me souviens d’elle, comme d’une belle femme, maquillée et toujours coiffée. Il parait qu’elle était un peu sotte, mais de ça, je n’en ai nul souvenir, juste des commentaires, ou des ragots… Ils sont encore vivants et profitent de nos jours du calme de leur maison de campagne et de la sérénité que peut leur apporter un petit village comme Gyé.

Merci a vous deux, chers Tonton et Tata, vous avez été un brin de bonheur dans ma petite enfance.

Juste à côté de nous, vivait une vieille femme : Tellement vieille qu’on ne la voyait quasiment pas dehors. Les rares fois où je l’ai vu, c’ était pour me crier dessus…. Il est vrai que j’avais pris la mauvaise habitude de grimper (une fois de plus) sur le muret de bois de son petit parterre de fleurs… Sa porte était toujours fermée, et lorsqu’elle se trouvait ouverte (comme par hasard), on se dépêchait de se poster devant afin de deviner son intérieur : Tout y était sombre, et la seule chose dont je me souvienne, c’était d’une grande table recouverte d’une nappe de plastique.

Un peu plus loin, un couple qui adorait les fleurs…. Il y en avait partout devant chez eux, et sur la porte de leur cave également. Je ne me souviens plus de leur nom, mais lui boîtait, et chaque fois qu’il voulait monter à vélo, c’était tout un périple…

 

 

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