LE GRENIER

Comme dans toute bonne vieille maison qui se respecte, la notre avait un grenier….

Longtemps inexploré, la maturité des jeunes bambins que nous étions, à fait que nous avons finit par y grimper….

Quand je dit grimper, le terme est vraiment approprié : On descend à la cave, on monte dans les chambres, et tout naturellement, on grimpe au grenier. C’est tout a fait logique lorsqu’on découvre que derrière la dernière porte, en haut du palier, il se trouve, encore, et encore des marches…

Quand on commencait à les gravir, il nous était impossible, à cause de nos petites tailles sans doute, de voir où cela nous menait. Le grenier avait pu garder ainsi, sans aucun effort, Son grand secret.

Comme il était peu fréquenté, les marches de l’escalier étaient poussièreuses, mais surtout fragiles. Le grincement de chacune d’elles, suffisait à enlever la petite étincelle de courage que nous avions au fond de la poitrine.

Une marche après l’autre, doucement, très doucement, nous écrasions nos petits pieds sur chacune d’elles… Elles criaient :

- Attention, vous n’avez pas le droit de grimper ici, il y a de la vie que vous ne soupconnez meme pas…

Elles avaient surement raison, mais pour la premières fois, nous étions bien décidées à voir ce qui se cachait dans cet univers mystérieux… Je dis bien nous, car n’allez surtout pas penser que la première expédition s’est faite avec juste un individu. J’avais donc décidé, avec ma soeur Caro, de franchir le pas…

Les bras bien écartés, pour alléger notre poids, nous montions, la peur au vendre, les yeux grands ouverts et les oreilles bien attentives au moindre petit bruit. La seule lumière qui pénétrait la place, provenait d’un chassis dans le toit. Il était fort bien placé, mais n’offrait de la luminosité qu’à la pente interminable à grimper.

On se tenait par la mains, et je tirais sur le chandail de ma soeur pour etre bien sure de sa présence. Comme j’étais l’ainée, j’étais devant… et morte de peur. Efin arrivée en haut des marches, j’ai découvert un petit palier avec un interrupteur : Ouf, il venait de me sauver la mise… Ma peur tranquilement s’évanouisait, puisque je pouvais, enfin, voir  »le nouveau monde » qui s’offrait à nous.

En faite, il n’y avait rien du tout dans ce grenier, mise à part de la poussière et… des souris…. C’était visiblement un endroit que nos chers parents avaient complètement délaissé… Qu’à cela nous tienne, nous venions de trouver notre petit coin à nous, et cette fois, nous n’avions plus à déménager nos jouets et autres bébelles, pour faire place au ménage, à la grande chaise, à la visite et à je ne sais trop quoi encore…. Le grenier venait de trouver ses maitres, et c’était nous.

L’espace était divisé en 3, et très vite, je me suis appropriée le seul qui possédait une porte et une fenetre.

Comme j’étais bien, dans mon petit coin, enfin à moi toute seule…Il y avait des étagères et un semblant de comptoire. J’adorais me retrouver là. N’oubliez pas que nous étions 6, et que seuls, 3 d’entre nous (ma soeur Clara aussi finit par grimper), bénéficaient de l’autorisation, enfin accordée par maman.

Une fois le ménage fait, nous avions rendu la place attraillante (du moins pour nous). On s’y déguisait, on y jouait à toute sorte de jeux, on y lisait, bref on y vivait. Maman finissait meme par se facher et nous sommait de sortir un peu prendre l’air plutot que de rester à l’ombre, les genoux dans la poussière. En ce qui nous concerne, on ne voyait pas le temps passer, et très vite le grenier qui nous avait tant fait peur, était devenu notre ami, notre confident, notre refuge, bref notre incontournable nid. Nous étions chez nous, tout en étant chez nos parents.

Ils sont bien chanceux les jeunes d’aujourd’ hui, d’après ce qu’on dit : Chacun sa chambre, dés le plus jeune age. En ce qui nous concerne, il nous a fallut attendre bien longtemps pour en arriver là, et meme si notre grenier (car il était bien à nous), n’était pas aussi confortable, il n’en n’était pas moins beau et agréable à  vivre.

On a peur que de ce qu’on ne connait pas ou qu’on ne voit pas… Notre grenier en a été un parfait exemple.  Je garde de cet endroit un merveileux souvenir d’enfance, où sans nul doute, j’y ai laissé,quelques uns, de mes plus beaux souvenirs d’intérieur. La cuisine était notre nid douillet, le grenier, apprivoisé, était devenu notre paradis… 

 


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