LES GENS DE MON VILLAGE…. Partie 1 – mes voisins -

Comme tous les villages, Gyé avait des habitants (465), mais tous ne m’ ont pas marqué.

Nous vivions dans une maison jumelée, et de par la force des choses, nos voisins étaient très proches….

Au fond de notre rangée de logements, se trouvait  »la propriété » de Madame POUILLARD. Pour moi et mes parents c’ était Mémère Pouillard. Comme nous n’avions pas de famille, cette brave femme qui avait eu 13 enfants (qui vivaient tous à Paris), nous avait adoptés : Un de plus un de moins, le compte importait peu, puisque de toute façon elle n’avait pas les obligation dues au rang que nous lui avions conféré.

Mémére Pouillard était toute une pièce de femme… pour ne pas dire une grosse femme. Je me souviens d’elle comme un être fort, au sens propre comme au sens figuré. Sa voix était imposante et son rire allait de paire. Pour chasser son ennui de veuve ( d un saoûlon grand et maigre que j’ai en fait peu connu), elle venait en soirée regarder les matchs de catch chez nous…. Nous les enfants, couchés à l’ étage supérieur, riions de ses encouragements et de ses remarques :  » T’as vu, il est tout p’tit… Allez frappe-le … Tue - »etc… On la voyait, sans la voir, debout les poings en l’air en train de jurer…. Et ça nous amusait…. Nul besoin de regarder le match, ça ne nous intéressait pas. A elle seule, Mémère faisait le show…Assise l’été au fond de sa cours, elle tenait compagnie à maman pendant les séances de couture, tricot etc… Je me souviens avoir ramené, une fois, une vipère morte au bout de deux bâtons . Toute fière de moi, et de l’argent que je pouvais tirer de la » bibite » morte (le garde-champêtre nous payait), je brandissais l’animal mort… Oui , il était mort, mais à force de l’agiter, Maman, elle, ne l’avait pas soupconné. Elle lança tout en l’air, y compris la paire de ciseaux qui atterrit directement en haut de ma cuisse…..Je garde encore la cicatrice de ce moment glorieux, mais au combien ensanglanté….Mémère était une brave femme qui s’occupait de ses poules et de son jardin. Ses enfants lui avait offert un Berger Allemand pour la protéger (on n’a jamais su de quoi… à Gyé (???)). Dick était devenu mon compagnon de promenade, mon excuse, avant notre belle Maika, pour m’évader de la maison et de mes devoirs d’aînée.Inutile de vous dire que ce bel animal, juste par sa race, êloignait bien du monde. Avec lui je me sentais bien, meme si je ne le maitrisais pas toujours…. Et oui que voulez-vous à 10 ou 11 ans et grosse comme ‘jétais, je ne faisais pas le poids… Mais Dick appréciait trop ma présence pour nuir à nos ballades quotidiennes..Comme je l’ai mentionné, Mémère avait 13 enfants. La plupart, comme de nombreux Parisiens de l’époque, avait une maison de campagne. Tout ce petit monde venait gonfler la population de notre village lors des vacances et autres périodes de congé de l’année. Ceux qui avaient élu domicile à Gyé, éstaient devenu par la force des chose, nos tontons et tatas…. C’est ainsi que nous avons eu, entre autre,  Tonton Jacquot- Tata Madeleine. Ah! les braves gens que c était-là : Toujours heureux en arrivant avec leur voiture. Eh oui, ils avaient une voiture, eux…Tout à coup, comme par enchantement, le village se mettaitàa vivre à un autre ryhtme. Ils avaient, sans nul doute, apporté avec eux, un grain de folie de la ville… Les comptoirs des commercants se remplissaient de  produits  différents, et les rues se faisaient grouillantes…

Tonton Jacquot avait eu un grave accident, et portait un cache de cuir sur la tempe gauche pour camoufler un creux… anormalement grand…. Il avait toute une voix, lui aussi, et son rire et ses blagues mettaient de la vie dans le quartier. Quant à Tata, je me souviens d’elle, comme d’une belle femme, maquillée et toujours coiffée. Il parait qu’elle était un peu sotte, mais de ça, je n’en ai nul souvenir, juste des commentaires, ou des ragots… Ils sont encore vivants et profitent de nos jours du calme de leur maison de campagne et de la sérénité que peut leur apporter un petit village comme Gyé.

Merci a vous deux, chers Tonton et Tata, vous avez été un brin de bonheur dans ma petite enfance.

Juste à côté de nous, vivait une vieille femme : Tellement vieille qu’on ne la voyait quasiment pas dehors. Les rares fois où je l’ai vu, c’ était pour me crier dessus…. Il est vrai que j’avais pris la mauvaise habitude de grimper (une fois de plus) sur le muret de bois de son petit parterre de fleurs… Sa porte était toujours fermée, et lorsqu’elle se trouvait ouverte (comme par hasard), on se dépêchait de se poster devant afin de deviner son intérieur : Tout y était sombre, et la seule chose dont je me souvienne, c’était d’une grande table recouverte d’une nappe de plastique.

Un peu plus loin, un couple qui adorait les fleurs…. Il y en avait partout devant chez eux, et sur la porte de leur cave également. Je ne me souviens plus de leur nom, mais lui boîtait, et chaque fois qu’il voulait monter à vélo, c’était tout un périple…

 

 

 


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