Gye-sur-Seine (notre village)

Comme son nom l’indique Gyé est traversé par la Seine. Quelque part en Champagne, ce petit village comptait dans les années 70 environ 465 âmes.Entre collines et vallées, nous avons grandit entourés de champs, de bois, de prés et bien entendu de vignes….Gyé était tout naturellement divisé en deux par la rivière : le haut de la ville (en direction de la nationale) et le bas (où nous habitions).Situé entre Neuville-sur-Seine et Courteron, Gyé qui avait perdu son rang de centre administratif durant la Renaissance, l’a regagné de nos jours. Seule l’école de notre village dessert l’ensemble de service d’éducation des alentours…. C’est ce que l’on pourrait aussi appeler la désertification des campagnes…A coté de la grande place (il n’y en avait qu’une de toute façon) où trônait le monument du Soldat Inconnu, l’école de la petite primaire vous ouvrait son portail après avoir grimpé quelques marches. Au milieu de la cour, un vieux tilleul que nous respections tous et toutes, nous offrait ses branches pour nous protéger de la chaleur du soleil, et nous servait de bouclier quand nous jouions aux petits soldats. Je ne me souviens pas qu’une seule fois on ait coupé, ne serait ce qu’une seule branche de ce magnifique végétal, ce qui fait , que de nos jours, il domine majestueusement la cour de récréation. Il était notre confident lorsqu’on nous mettait au coin, appuyé sur son tronc, notre ami lorsque nous formions des rondes enfantines. Je me souviens d’un gros poêle-à-bois qu’il nous fallait alimenter régulièrement et dont le stock était soigneusement rangé dans le bûcher. Tous ces mots ont tranquillement disparus de notre langage, tout comme les éléments qu’ils desservaient.Comme tout bon village qui se respecte, Gyé a son église.Petite, solide et plutôt accueillante (contrairement aux autres, immenses qui vous inspirent la frayeur), je me souviens avoir confié à une statue de la Vierge tous mes voeux pour un avenir incertain. Tout au bout de la place bordée de platanes, cette bâtisse, comme d autres s’est tranquillement vidée.

A Gyé il y avait deux lavoirs. Oubliés de nos jours, je peux vous dire que ces deux emplacements grouillaient plusieurs fois par semaine. C’était, sans nul doute, le rendez-vous suprême des commères du village. On y répandait les nouvelles, les vraies comme les fausses et croyez moi, le Garde-Champêtre à côté, faisait piteux… A genoux dans des petits boxes de bois, une pelle plate à la main ou parfois une grosse brosse, les femmes brassaient le linge, faisaient mousser le savon de Marseille (non polluant) et claquer les draps d’une façon irrévocable sur la pierre usée du lavoir. Un mécanisme astucieux permettait de suivre le niveau de la rivière afin que ces dernières aient toujours accès à l’eau sans trop se pencher.Les groupes étaient établis, et ne se mélangeaient pas…  En ce qui me concerne, c’était tout simplement au bord de la rivière, derrière notre jardin, que Maman rinçait son linge…. Nous n’appartenions à aucun groupe, nous les sales étrangers. Les pieds dans l’eau, je me souviens avoir perdu plusieurs mouchoirs et serviettes dans le courant … Je participais à presque toutes les taches ménagères, et je n’en suis pas morte..

Gyé comptait d’innombrables petites ruelles. Elles nous permettaient de nous sauver d’une bande adverse, ou tout simplement nous raccourcir le chemin pour nous rendre d’un  point à un autre. L’une d’entre elles traversait presque le village en largeur… On pouvait dans celle-ci voir par dessus le muret , la cour de l’école des  »grands »…. ceux qui quitteront le village pour le collège, et donc la ville… Je ne me souviens pas que les villages alentours aient eu de telles ruelles. Quant aux nôtres, elles étaient connues surtout par les gens de la place. Très étroites, bordées de hauts murets, elles n’inspiraient pas la confiance et c’est toujours très vite que l’on en sortait…J’ai eu la chance de voir travailler un forgeron.Sa forge se trouvait non loin de la piscine municipale. La porte de cette grange ouverte, laissait entrevoir un spectacle plus que terrifiant : Le foyer, la suie sur les murs, le bruit du marteau sur le fer chaud… et l’odeur…. mon Dieu tout un monde se trouvait là… Et croyez moi, on n’avait pas envie d’y aller voir…Bref, Gyé était, et reste un joli petit village. Et comme pour tous les enfants, c’est la plus belle place de la planête pour moi, puisque c’est là que j ai grandit.Je ne vous ai pas encore parlé du Pressoir et ce sera pour une autre fois, car à lui seul , il vaut tout un chapitre : Que ce soit celui de Monsieur MICHELOT qui se trouvait tout à côté de notre maison, ou le pressoir municipal, les deux faisaient battre le coeur même de notre campagne…

 

 

 

 


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