Quand j’ai pris le bouillon…

Eh oui, je suis née le siècle dernier, mais ça ne remonte tout de même pas à Mathusalem.Quand il faisait chaud, l’été, nous allions, soit à la piscine municipale, soit au bord de la rivière. Ce petit coin était très proche de notre maison, et nos parents trouvaient sans doute plus pratique de nous rafraichir à cet endroit, plutôt que de traverser tout le village.L’endroit était magnifique : des jardins, dont le nôtre, bordaient le cours d’eau. En face, le muret d’une propriété bourgeoise obstruait la vue du jardin privé et des propriétaires.A cet endroit, la rivière ètait un peu sauvage : Je m’explique. Calmes et douces, des petites cascades nous entrainaient tranquillement mais sûrement vers une zone dangereuse où nous n’avions pas pied.Pendant que nous profitions des douceurs de l’été, et du rafraichissement de l’eau, nos parents, eux, montaient la garde. Et quand je vous dis montaient la garde, les mots sont faibles.N’oublions pas que nous étions six, et que bien souvent on se retrouvait avec les petits parisiens que nos parents trainaient avec eux. On avait tôt fait de se retrouver une bonne douzaine, sous la seule et unique vigilance de nos parents.Nous adorions marcher dans l’eau, puis ensuite nous laisser porter par le courant vers les petites cascades, et regagner le bord pour…. recommencer.Nos bouées de toutes les couleurs étaient notre seul radeau de sauvetage au cas ou, mais parfois ça ne suffisait pas…La mienne avait pris une direction opposée lors du passage émoustillant, mais non pas moins dangereux des fameuses cascades. Je me suis retrouvée entrainée vers le fond, les yeux grands ouverts, à regarder les algues et les petits poissons. Je me souviens parfaitement  d’un bien être incroyable, presque indescriptible, quand tout à coup, une main ferme m’a agrippé les cheveux. Aie, Aie, l’air venait de revenir dans mes narines, mais mes poumons, eux, ne le prenait pas…Je me serai bel et bien noyée si mon père n’avait pas été assez rapide et vigilant.

Merci Papa, mais tu sais, c’est pas pénible de se noyer, maintenant je le sais….

 

 

 

img0142.jpg

 

 

 

 

 

 

 


Autres articles

verdino poesie. |
lesacredesfins |
Confessions D'une Femm... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | DELIVRANCE
| Théâtre du Moment
| apprentie