Education -suite-

Je suis restée très surprise par l’article de Cathy concernant notre éducation.J’ai toujours pensé que nos écarts d’âge avaient fait en sorte que nous voyions nos parents d’un oeil chacun bien différent. Eh bien non, je me suis trompée…Ma chère Soeurette, quelle belle description de notre éducation, mais plus encore, quel bel hommage à ceux qui se sont dépensés sans compter pour leurs enfants.Oui, nous avons eu la chance d’avoir des parents, des vrais : Pas ceux qui se contentent de mettre  bas et demandent à la technologie et aux organismes de notre société, de s’occuper de leur progéniture.Six enfants dans un espace restreint, ça bouge, ça grouille, bref ça a de la vie tout simplement. Notre mère était un vrai chef de meute : soucieuse du bien être de ses petits et de leur santé.Quant à notre père, il s’était donné comme devoir de ramener chaque fin de mois un pauvre salaire, qui suffisait à peine à satisfaire nos besoin élémentaires.Nous n’avons jamais eu faim, ni froid. Les vêtements de Joëlle Hervé, dont les parents étaient très amis avec les nôtres, comblaient largement la garde-robe des quatre premières filles. Nous sommes toujours allés à l’école en chaussures de ville (alors que les enfants du village marchaient en bottes noires de caoutchouc), blouse fantaisie, et surtout, coiffées comme des princesses, avec de jolis rubans dans les cheveux.Il va sans  dire que nous étions le point central de la jalousie de tout le village, qui ne comprenait pas pourquoi, ni comment, les sales étrangers que nous étions, rafflaient tous les prix d’honneur à chaque fin d’année scolaire, avec des enfants sortis d’un autre monde…Oui, nous avons eu des parents, des vrais, et je dois dire qu’avec le temps, il me serait impossible d’être aussi dévouée et aussi farouche de protection vis-à-vis de mes enfants, comme l’étaient nos parents.Je me souviens très clairement d’une petite histoire : Bien que tout petit, notre village habitait des gens de  »haute classe ». C’est ainsi, qu’un ancien Colonel de l’armée française, résidait au centre de notre communauté.Bien caché derrière de grands murs et d’un grand portail, la demeure de celui-ci ressemblait plus à une forteresse.Un jour, alors que nos parents étaient absents et que je gardais ma petite troupe, j’ai eu la désagréable surprise de voir le Colonel arriver chez nous : - »Ton père vole des noix sur mon terrain, c’est un voleur tiens toi le pour dit !!! »,  m’avait-il crié en pleine face, avant de virer les talons et s’en aller…Quelque peu choquée, j’ai raconté cette visite surprise à notre père dès son retour. Aussitôt dit, aussitôt fait : Il attrape sa hache, la lance sur son épaule, me prend la main d’une façon vigoureuse, et me traine à grands pas, jusqu’à la maison du Colonel en question… Deux coups de sonnette et le portail s’ouvre sans méfiance. Mon père franchit la seule porte française qui était ouverte et se retrouve tout naturellement dans la salle-à-manger. Stupéfaits, les propriétaires sont figés en constatant qu’ils ont ouvert la porte à un  »individu armé ».- »Ecoute bien (cria mon père d’une voix claire et sans équivoque), je ne suis pas un voleur, et personne n’a le droit de franchir ma porte et faire peur à mes enfants. Tu es un gradé de l’armée française, mais moi je suis un ancien légionnaire, et tu ne m’arrives pas à la cheville. » Là-dessus, je vois la hache se lever, et finir son chemin au beau milieu d’une magnifique table en bois. Le craquement qui s’est alors fait entendre n’a laissé aucune place à un quelconque mouvement de petit doigt de la part des propriétaires de la maison…Mon père vira les talons, me repris la main, et nous sommes rentrés à la maison sans un mot, sans même un regard en arrière.Comme j’étais fière. C’était ça mon Papa, un homme, un vrai, que même un colonel ne pouvait impressionner. Dans tout le village, on lui disait « vous », et on l’appelait Monsieur… Et personne ne pouvait toucher aux enfants de ce Monsieur là …

 

 

 

 


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