Notre maison d’enfance (suite)

Nous habitions une maison jumelée à 4 autres…Une petite place commune nous servait de terrain de jeux, quand le temps nous était compté pour nous évader dans la campagne profonde et les bois environnants.Oui, notre espace vital était étroit ( et c’est sans doute pour cette raison que nous allions souvent jouer dehors). Mais cela nous avait permis de développer, tout naturellement le respect mutuel : De bonne heure le matin, nous décidions qui jouerait avec qui, et où…. Sous la table de la cuisine, dans le débarras… Dans le  »Salon »…entre un fauteuil et un petit meuble.Le débarras, comme son nom l’indique était une toute petite piéce qui servait à Maman d  »entrepôt » de cuisine. C’était en fait un petit placard, mais on pouvait y entrer, et…. s y cacher…J’ ai le souvenir d’un espace mystérieux, ou l’on retrouvait bien des affaires, si on nous laissait de temps de fouiller un peu.Ma soeur Caro, n’en garde sûrement pas un bon souvenir, car c’est la quelle a subit son plus grave accident d’enfant : Notre mère y rangeait soigneusement la friteuse (un bassin ouvert) après chaque utilisation. Et  une étagère du débarras lui servait de place attitrée.Ma soeur qui se trouvait à jouer dans cet endroit, s’est vu innondée de graisse chaude, apres que Maman ai crié : Surtout ne bouge pas !!…Fidèle à ses aptitudes de vétérinaire-médecin (les mères étaient bien débrouillardes à l’époque… pas le choix : le médecin était loin), Maman a tranformé ma soeur en … Momie le temps de le dire… Plus rien de dépassait, on n’y voyait plus que les yeux et le bout du nez….Et bien croyez-le ou non, c’est sans aucune trace apparente que ma soeur se promène de nos jours….Comme l’ensemble de la bâtisse était vieille, notre porte d’entrée était toute une pièce de bois : Epaisse, imposante, avec 2 petites fenêtres protégées par une décoration en fer forgé . La poignée, ronde et de couleur or, donnait libre court à notre liberté, si, toutefois, nous parvenions à la faire tourner (avec nos 2 mains), pour mettre le mécanisme d’ouverture en place…Le simple fait d’évoquer cette porte, me rappelle de nombreux souvenirs : A Noël, c’était elle qui avait le mandat de délivrer notre lettre au Père-Noël par le biais des petites fenêtres… C’était elle, aussi, qui nous tenait enfermés dans la maison quand nous étions punis de sortie, et enfin, c’était toujours elle qui nous concédait la liberté suprême, après un claquement lourd et massif, qui ne laissait aucun échappatoire à qui laissait traîner ses doigts…. Dès que nous arrivions dehors, on se retrouvait sur la petite place. Aujourd hui sans verdure, je peux vous dire qu’à l’époque, on y avait de l’herbe, et les fleurs décoraient toutes les façades de nos voisins…Un paysan du coin laissait souvent sa charrue ou remorque traîner dans un coin, et même si on nous l’avait sévèrement défendu, nous étions toujours juchés sur l’une ou l’autre, afin de… dominer la situation.Si nous étions à l’étroit à la maison, dehors c’était l’inverse…. Nous vivions à la campagne, et la campagne nous le rendait bien…Nous avons déménagé pour la ville, la vraie,  quand j’ai eu environ 16 ans…A Bar-sur-Seine, entourés de 10.000 habitants qui se foutaient, comme toutes les villes, de leurs habitants…. nous sommes passés d’une chambre commune, à 3 chambres d’enfants …Il nous a fallu faire le choix de notre cohabitation forcée a 2 : Le mien fut clair et rapide, je resterai avec Cathy, ma dernière soeur. C’était, à l’époque, et c’est toujours, la seule avec qui je me sentais des affinités plus profondes. Je n’étais pas bien encombrante pour elle, puisque j’étais interne (pensionnaire) au Lycée Marie-de-Champagne, et que je ne revenais à la maison que les fins de semaine… Mais la structure même de notre nouvel habitat, et la vie de citadine nous vola, définitivement notre enfance, restée quelque part à Gyé, entre la porte de notre ancienne maison, et la petite place….

 

 

 

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