Le caté.

On y allait tous les Dimanches avec les Hollandais, les Voltrine, amis de nos parents.A l’Eglise réformée, à Troyes.Là, il faut dire que notre Mère nous faisait belles et propres comme des sous neufs!Elle nous coiffait avec des rubans, quand ils tenaient. Moi, rien ne les apprivoisait, tu te souviens Gina, de cette pince à cheveux que Maman tenait à me mettre?Dans les cinq minutes, elle tombait.Mes cheveux étaient rebelles sauf à l’élastique!!Aie!!car à cette époque c’était le vrai élastique !Pour le mettre, pas trop dur, mais pour le retirer, tu pouvait être sûre de t’arracher une sacrée touffe  de cheveux! Donc, le Dimanche, bof, pour ce qui est des préparatifs, tu te souviens aussi des bigoudis?Bon, je pense que tu auras de quoi en dire.On était donc tous en habits du Dimanche, et interdit de se salir.ça un peu dur mais bon, on était sensés être au caté où dans l’Eglise.Par contre, dans la cour de cette Chapelle, il y avait de la verdure, de la place, c’était gai comme endroit.Moi, j’aimais bien ça, surtout feuilleter la Bible avec ses feuilles toutes douces et fines.C’était bien, on nous disait de respecter les gens différents, de ne pas nous moquer, en fait, on s’amusait bien.Il y avait les enfants du Pasteur, ce qui fait que je me suis pas posé la question de l’abstention sexuelle.Je me souviens qu’on faisait des farandoles quand il faisait beau et je me souviens d’une chanson, en particulier: « je danse comme David ».C’était bien, ces jours-là.Une fois, en revenant chez les Voltrine, j’ai fais une grosse, grosse bêtise: il y avait une grande volière avec de jolies perruches et d’autres oiseaux.Pour moi, la cage, à 6 ans, je comprenais pas et cela me rendait triste pour les piafs…Alors, ben, je l’ai ouverte!Sans conscience que je condamnais ainsi les fugueuses et quand je me suis fait grondée et que l’on m’a expliqué, j’ai eu des remords pendant longtemps et j’imaginais la fin horrible de ces jolies bêtes ailées jaunes et vertes…Et même je faisais des cauchemars rapport à ça, parce que j’adorais les animaux.


Archive pour janvier, 2011

Natation

Nos parents étaient tous les deux de bons nageurs, il est vrai que dans leur pays d’origine, l’eau fait partie intégrante de la culture, même si la Hongrie n’a pas de bord de mer, il y a une multitude de Bains-Turcs, et d’ailleurs, j’ai eu la joie de les fréquenter en 2006, lorsque je suis allée retrouver mes origines.On apprenait de la manière la plus simple: on s’accrochait au cou de l’un ou l’autre des parents, juchés sur leur dos, et du coup, on sentait tous les mouvements nécessaires.Chez nous, on est tous de très bons nageurs et moi, ben, j’adore ça!! Tu te souviens Gina, Maman, la Reine de la gym, elle faisait des saltos, des grands écarts, comme ça, sans échauffement, aussi, on s’essayait à faire la pyramide, qu’est-ce qu’on a rigolé avec ça!Et les pics-niques: oeufs durs et l’incontournable poulet fumé et le lot des trois boîtes de pâté!!Là,  je mets la photo de notre piscine naturelle:c’était la rivière, un petit coin bien aménagé, on y a passé d’innombrables journées, avec toute la famille, là, à droite sur la photo;c’était chouette!

A cette époque, pour éviter les coups de soleil, ben, Maman nous obligeait à mettre le t-shirt, et pis, pendant longtemps, je n’ai pas compris ce qu’ils disaient, les parents: « sors! tu as les lèvres bleues », j’obéissais sans discuter car avec mon Père, on discutait pas, mais c’est resté longtemps une énigme car je regardais mes frères et soeurs et non, je voyais pas leurs lèvres bleues…

 

 

 

 

 

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Quand j’ai pris le bouillon…

Eh oui, je suis née le siècle dernier, mais ça ne remonte tout de même pas à Mathusalem.Quand il faisait chaud, l’été, nous allions, soit à la piscine municipale, soit au bord de la rivière. Ce petit coin était très proche de notre maison, et nos parents trouvaient sans doute plus pratique de nous rafraichir à cet endroit, plutôt que de traverser tout le village.L’endroit était magnifique : des jardins, dont le nôtre, bordaient le cours d’eau. En face, le muret d’une propriété bourgeoise obstruait la vue du jardin privé et des propriétaires.A cet endroit, la rivière ètait un peu sauvage : Je m’explique. Calmes et douces, des petites cascades nous entrainaient tranquillement mais sûrement vers une zone dangereuse où nous n’avions pas pied.Pendant que nous profitions des douceurs de l’été, et du rafraichissement de l’eau, nos parents, eux, montaient la garde. Et quand je vous dis montaient la garde, les mots sont faibles.N’oublions pas que nous étions six, et que bien souvent on se retrouvait avec les petits parisiens que nos parents trainaient avec eux. On avait tôt fait de se retrouver une bonne douzaine, sous la seule et unique vigilance de nos parents.Nous adorions marcher dans l’eau, puis ensuite nous laisser porter par le courant vers les petites cascades, et regagner le bord pour…. recommencer.Nos bouées de toutes les couleurs étaient notre seul radeau de sauvetage au cas ou, mais parfois ça ne suffisait pas…La mienne avait pris une direction opposée lors du passage émoustillant, mais non pas moins dangereux des fameuses cascades. Je me suis retrouvée entrainée vers le fond, les yeux grands ouverts, à regarder les algues et les petits poissons. Je me souviens parfaitement  d’un bien être incroyable, presque indescriptible, quand tout à coup, une main ferme m’a agrippé les cheveux. Aie, Aie, l’air venait de revenir dans mes narines, mais mes poumons, eux, ne le prenait pas…Je me serai bel et bien noyée si mon père n’avait pas été assez rapide et vigilant.

Merci Papa, mais tu sais, c’est pas pénible de se noyer, maintenant je le sais….

 

 

 

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Madame Magini.

Elle était brune et belle, de cette beauté des gens gentils, toute en douceur et rondeur, petite.C’est grâce à elle que j’ai pu lire très rapidement.Tu te souviens ? on faisait la sieste, dans une salle près de l’école, il y avait des coussins et des petites tables rondes. Madame Magini nous occupait quand on était trop petits pour aller à l’école, en première section.Ben, pendant qu’on faisait la sieste, elle traçait les belles lettres, parfaitement calligraphiées, et pour mes yeux, ce spectacle était enchanteur, c’est ainsi, qu’en la regardant, j’ai appris à écrire, et rapidement à lire.Etant curieuse de nature, je cherchais du sens.J’en cherche toujours, d’ailleurs.Et je n’ai jamais fait la sieste mais je faisais semblant.J’ai eu cette chance:cette Dame, qui sans doute savait que je ne dormais pas car elle répétait à voix tamisée, les syllabes, un sourire accroché aux lèvres.

Notre Père était un légionnaire à la retraite, entre autres…

Indochine, Algérie…Il n’a jamais chassé, ni pêché, il allait aux champignons avec Maïka.Il marchait des heures et comme il marchait très vite, il avalait des kilomètres!Nous ce que nous avalions avec délices, c’était les girolles toutes dorées qu’il nous ramenait.Il les vendait également au restaurateur du coin, et sans doute que les pigeons de mon père ont côtoyé plus d’une fois ses cueillettes, au fond du four.Du coup, on les savourait car, en définitive, on en mangeait pas souvent.La vente de ces champignons participait à assurer les besoins de notre  grande famille.Nous allions aux noisettes, aux noix, aux mûres.Tu te souviens quand vous alliez à la pêche?Moi, je trouvais ça horrible!!Et ensuite vous dévoriez à belles dents une fricassée de poissons d’argent, Beurk, je n’aime toujours pas le poisson!Maman nous faisait régulièrement de la brioche qu’elle pétrissait des heures, et d’excellents gâteaux aux noix et noisettes!On se régalait.Tu te souviens qu’elle faisait des sucettes au caramel?Je me souviens de mains, de batônnets et de caramel doré dégoulinant…On était gâtés par sa générosité naturelle, son amour pour nous.Tu te souviens comme notre père était exigeant?aie, il n’en fallait pas beaucoup pour subir ses foudres.Quand il se levait de table, un geste vers sa ceinture, on savait que ça allait chauffer.Je le craignais beaucoup mais je lui tenais tête et en cas de gros conflit, je n’ai jamais baissé les yeux, sa colère n’en était que plus forte.Je me prenais une monstrueuse raclée et voilà.Et je partais chialer loin de lui.Il m’a laissé le souvenir d’un homme préoccupé.Tu sais comme il s’est toujours intéressé à notre monde, comme ses prévisions, en géopolitique ont souvent été perspicaces et avérées, même après sa mort.C’était un homme avec une mémoire remarquable.Un jour où nous disposions d’une carte du monde vierge, il nous mis au défi: »posez votre doigt où vous voulez et je vous dirais quel est le pays, la capitale, à quelle ethnie les gens qui y vivent appartiennent », et c’est ce que l’on fit et chaque fois, nous vérifions dans le dictionnaire et chaque fois, il avait juste.Une autre fois, il avait reçu un livre sur l’histoire du foot, avec les dates et tout le toutim, un truc du style, « De la naissance du foot à aujourd’hui ». eh ben, on ouvrait au hasard et ben, il se souvenait de tout, du score, des joueurs et de qui avait marqué!!Un mémoire de ouf!!

Education -suite-

Je suis restée très surprise par l’article de Cathy concernant notre éducation.J’ai toujours pensé que nos écarts d’âge avaient fait en sorte que nous voyions nos parents d’un oeil chacun bien différent. Eh bien non, je me suis trompée…Ma chère Soeurette, quelle belle description de notre éducation, mais plus encore, quel bel hommage à ceux qui se sont dépensés sans compter pour leurs enfants.Oui, nous avons eu la chance d’avoir des parents, des vrais : Pas ceux qui se contentent de mettre  bas et demandent à la technologie et aux organismes de notre société, de s’occuper de leur progéniture.Six enfants dans un espace restreint, ça bouge, ça grouille, bref ça a de la vie tout simplement. Notre mère était un vrai chef de meute : soucieuse du bien être de ses petits et de leur santé.Quant à notre père, il s’était donné comme devoir de ramener chaque fin de mois un pauvre salaire, qui suffisait à peine à satisfaire nos besoin élémentaires.Nous n’avons jamais eu faim, ni froid. Les vêtements de Joëlle Hervé, dont les parents étaient très amis avec les nôtres, comblaient largement la garde-robe des quatre premières filles. Nous sommes toujours allés à l’école en chaussures de ville (alors que les enfants du village marchaient en bottes noires de caoutchouc), blouse fantaisie, et surtout, coiffées comme des princesses, avec de jolis rubans dans les cheveux.Il va sans  dire que nous étions le point central de la jalousie de tout le village, qui ne comprenait pas pourquoi, ni comment, les sales étrangers que nous étions, rafflaient tous les prix d’honneur à chaque fin d’année scolaire, avec des enfants sortis d’un autre monde…Oui, nous avons eu des parents, des vrais, et je dois dire qu’avec le temps, il me serait impossible d’être aussi dévouée et aussi farouche de protection vis-à-vis de mes enfants, comme l’étaient nos parents.Je me souviens très clairement d’une petite histoire : Bien que tout petit, notre village habitait des gens de  »haute classe ». C’est ainsi, qu’un ancien Colonel de l’armée française, résidait au centre de notre communauté.Bien caché derrière de grands murs et d’un grand portail, la demeure de celui-ci ressemblait plus à une forteresse.Un jour, alors que nos parents étaient absents et que je gardais ma petite troupe, j’ai eu la désagréable surprise de voir le Colonel arriver chez nous : - »Ton père vole des noix sur mon terrain, c’est un voleur tiens toi le pour dit !!! »,  m’avait-il crié en pleine face, avant de virer les talons et s’en aller…Quelque peu choquée, j’ai raconté cette visite surprise à notre père dès son retour. Aussitôt dit, aussitôt fait : Il attrape sa hache, la lance sur son épaule, me prend la main d’une façon vigoureuse, et me traine à grands pas, jusqu’à la maison du Colonel en question… Deux coups de sonnette et le portail s’ouvre sans méfiance. Mon père franchit la seule porte française qui était ouverte et se retrouve tout naturellement dans la salle-à-manger. Stupéfaits, les propriétaires sont figés en constatant qu’ils ont ouvert la porte à un  »individu armé ».- »Ecoute bien (cria mon père d’une voix claire et sans équivoque), je ne suis pas un voleur, et personne n’a le droit de franchir ma porte et faire peur à mes enfants. Tu es un gradé de l’armée française, mais moi je suis un ancien légionnaire, et tu ne m’arrives pas à la cheville. » Là-dessus, je vois la hache se lever, et finir son chemin au beau milieu d’une magnifique table en bois. Le craquement qui s’est alors fait entendre n’a laissé aucune place à un quelconque mouvement de petit doigt de la part des propriétaires de la maison…Mon père vira les talons, me repris la main, et nous sommes rentrés à la maison sans un mot, sans même un regard en arrière.Comme j’étais fière. C’était ça mon Papa, un homme, un vrai, que même un colonel ne pouvait impressionner. Dans tout le village, on lui disait « vous », et on l’appelait Monsieur… Et personne ne pouvait toucher aux enfants de ce Monsieur là …

 

 

 

Organisation et éducation.

Ben je suis-moi-même très organisée, si je suis motivée.Tu sais, je pense que nous avons eu la chance de vivre des moments formateurs, mais plus que ça, on est devenus des personnes chaleureuses, si ce n’est en gestes, par pudeur, c’est en tout cas à l’intérieur.C’est vrai que nos parents, Andor et Eva, nous ont transmis le sens de l’hospitalité, à les voir donner, accueillir avec honnêteté, bienveillance, générosité, leurs amis et à les quitter sans jamais les critiquer.Nos parents étaient des personnes pour lesquelles ont ressentait du respect, de l’estime, ils « brillaient ».Ils avaient tous les deux une certaine prestance physique, et puis, ils s’aimaient.Ils étaient très simples, et vous savez mon Père, ben, un érudit comme lui, je ne sais si vous en avez déjà croisé, et très intelligent, il n’y à qu’à regarder ses yeux. Ma mère était une gymnaste de très haut niveau, elle avait l’esprit très jeune, vif, et du caractère, elle était moderne pour cette époque car elle tenait tête à mon père, parfois, elle était également très instruite. Elle était une femme souriante, elle possédait une énergie inépuisable, je ne l’ai jamais vue allongée, malade, jusqu’à son cancer.Tous les deux étaient très orgueilleux.Ils nous ont transmis ce qu’il fallait pour « savoir-vivre » au milieu de nos semblables, des plus petits aux plus grands de ce monde.On à reçu une éducation stricte, ponctuée de grosses fessées quand on fautait.Je me rends compte à présent que je trouvais Papa soupe-au-lait, mais en fait, de mon regard d’adulte, je me dis, eh ben, le Monsieur, il a assuré parce que pour mes parents, ça a été très dur.La vie les a mis dans une situation de déracinement total.Tout laisser, sa famille, son pays, partir car sinon, vous êtes enfermé pour le restant de vos jours.Père était un leader, sans doute dangereux pour l’ordre établi et de ce fait condamné.L’histoire en a rattrapé plus d’un.En à appauvrit certains et enrichit d’autres, ainsi est ce temps qui passe.Nos parents semblaient très soudés.Ils faisaient la sieste, la main dans la main, respectivement l’un dans le fauteuil, l’un dans le canapé.Sans montrer des effusions de tendresse, on voyait à la qualité du geste, la tendresse, la compréhension, deux forces et faiblesses unies et complémentaires.On a eu la chance de voir l’amour.On les a rarement et même très rarement vus s’engueuler, ils se respectaient.Ils avaient une stratégie pour tout régler hors notre présence: ils emmenaient Maïka en balade tous les jours en fin d’après-midi et en soirée l’Eté, par tous les temps, et là, ils discutaient de tous les problèmes qu’ils pouvaient rencontrer, en tant que parents, citoyens etc…Nous étions préservés de leurs confrontations et je les en remercie.

 

La douche du Samedi(Une de mes grandes Responsabilités)

Il était inconcevable, qu’à l’époque, on ait eu une salle de bain dans la maison…. On se lavait donc tous les matins et soirs, dans une cuvette …Mais le samedi, c’était toute une expédition : La douche ou le bain… Avec la flopée d’enfants que nous étions, la cuisine se transformait en sona, et la buée de la grande bassine posée sur le poële-à-fuel, débordait de vapeur !!!…Un par un, on se trempait donc, dans un grand baquet orange, et l’on procédait religieusement à notre grand nettoyage corporel.Quand je fus assez grande, pour mes parents, on me donna la responsabilité d’emmener les plus jeunes à la douche municipale : Quelle expédition !!!Il fallait que je traverse la moitié du village, à pied, en surveillant attentivement toute ma petite marmaille. Je tenais le plus jeune avec la seule main qui me restait de libre, l’autre étant occupée à 100 % par un gros sac plein de serviettes et de savon et de shampoing et d’ élastiques et…. d’un tendeur.Et bien oui, un tendeur : Grâce a lui, je pouvais avoir les deux mains libres, pendant que l’eau continuait à couler… Astucieux non ??Nous entrions par deux dans la douche, et je m’empressais de laver mon petit frère et de le rhabiller très rapidement afin qu’il n’ai pas froid. Ainsi de suite, je lavais ma petite bande de moustiques qui attendait sur le banc dans le couloir, l’autorisation suprême de l’ainée, pour recevoir du savon dans les yeux, et ressortir aussi propre qu’un nouveau né, après sa naissance.Nous n’étions pas pudiques pour deux sous, et c’est pendant bien longtemps que j’ai partagé ma douche avec les plus jeunes. Je trouvais ça normal, et cela, comme d’autres activités familiales, faisait partie de ma petite vie d’ ainée.Je ne me suis jamais posé de questions quant à mes nombreuses responsabilités, mais je sais que je n’ai jamais joué à la poupée en étant enfant : Pourquoi faire ?, j’en avais des vraies à m’occuper….Je peux vous dire qu’ à l’heure actuelle, je suis imbattable au niveau de l’organisation… Alors à vous tous et toutes…

 

L’Ainée.

De mon regard d’enfant je te vois comme une seconde Maman, très autoritaire, et il y a bien des fois où je n’aurais pas aimé être à ta place.Tu avais plein de responsabilités, c’est vrai que tu étais dévolue à nous surveiller et je comprends aujourd’hui pourquoi tu aimais tant partir avec Maïka.Gérer cinq frères et soeurs quand on est soi-même une enfant, je comprends ton autorité forcée et ton air sérieux de l’époque.De plus tu aidais beaucoup Maman au ménage, à s’occuper de nous donner le bain, de nous habiller, ça ne devait pas être très marrant.Tu aimais les vêtements très classiques quand tu avais 18-20, je me souviens d’un beau manteau à tout petits carreaux , il y avait du noir, du rouge, du marron foncé et du marron clair, dans mon souvenir, il faisait « cape ».Tu aimais bien être seule et tu lisais.J’étais contente de partager ta chambre car on s’entendait bien et puis, c ‘est vrai, tu étais interne alors du coup, chance, je me retrouvais seule.Ensuite, Valérie est venue s’installer et a pris ton lit.Tu te souviens qu’un coup on s’était engueulées toutes les deux, je crois que c’est la seule, mais c’était corsé!!AIE!

En grandissant, on avait des responsabilités, souvent c’était surveiller les plus petits.Un fois Baby, qui me gardait moi et mes deux petits frères a décidé de faire le coiffeur, et la voilà qui taille, qui égalise, qui peigne et s’émeut de ne pas voir sur nos têtes le chef-d’oeuvre que, sans doute elle avait imaginé en saisissant les ciseaux!Nous voici donc, en brosse en épic, en rien, et moi, les deux nattes dorées par terre!Et Maman qui revient, qui s’approche et qui (quand même) sort un gros-mot tout bas (mais pas assez pour échapper à nos oreilles, alertées par sa mine décomposée)qui se saisit de l’artiste en la menaçant d’une fessée magistrale quand son Père verrai ça!!Et la petite de répondre en larmoyant, « oui, la fessée mais s’il-vous-plaît, me faites pas mal! »Maman, a accusé le coup et s’est sans doute retenue d’un sourire, avec six mômes, bon, une certaine discipline est nécessaire.Baby a dù avoir une punition et pas cette fessée que ses mots d’enfant avait finalement « neutralisée ».

 

 

 

 

Le petit placard.

Te souviens-tu?Gina?Maman faisait la cuisine au saindoux et elle utilisait une ou deux fois la même graisse pour cuire, alors, il restait toujours un peu de sauce dans la poêle.Et cette poêle était également rangée dans le petit placard, sous l’escalier. Mon grand plaisir était de garder un petit morceau de pain du repas pour aller en cachette, le tremper dans cette « sauce’.Bien-sûr, il n’était pas aisé de goûter à cette gourmandise avec discrétion mais cela en augmentait le plaisir, quand d’aventure j’y parvenais.On était pas très riche mais on ne manquait de rien et comme l’a dit Gina, cette école de la vie nous a appris beaucoup.Quand il y avait des fruits, par exemple, on savait que c’était un chacun et jamais il ne nous serait venu à l’idée d’en prendre deux.De même, je suis la quatrième fille et du coup, hormis les sous-vêtements, je récupérais les vêtements de mes soeurs.J’ai eu mon premier habit neuf à 14 ans et….J’étais si contente que pendant plusieurs jours, je l’ai  seulement contemplé et je le mettais sous mon oreiller, le soir avant de m’endormir. C’était une jolie tunique à fleurs bleues, et je me la rappellerais toute ma vie.Et la joie que j’ai eu à la porter. Je l’ai gardé de longues années, même quand elle ne m’allait plus, c’était sentimental.En parlant de ça, je me souviens de ma gène quand je suis arrivée au Lycée Marie-de-Champagne.C’était la mode des sabots et des « jeans » en 1978, j’avais 15 ans à mon entrée en seconde et là, franchement, même si je n’étais pas exigeante, j’ai été la risée de ma classe!!Ben, oui,Maman m’avait acheté des vernis noirs pour la rentrée !!!Avec un pantalon en tergal!!On ne voyait que moi dans mes habits classiques, on aurait dit un enfant de vieux!!Alors, sans rien dire, j’ai fais du stop au lieu de payer le train et je me suis acheté une paire de baskets que je laissais à l’internat.Je craignais que Maman le prenne mal, déjà une fois, la mère de ma meilleure amie m’avait offert un « jean » et ben Maman avait piqué une crise et me l’avait découpé en morceaux: elle disait que c’était un pantalon de travail!!(les bleus de travail) donc, sur le coup des baskets, j’avais pris des précautions.

 

 

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