Notre Maison à Gyé.

Ben, ça m’étonnerait qu’en 2010, on ait l’idée  de ce que peut représenter d’avoir une maison pour 8 avec seulement deux chambres, pas de salle-de-bains, les toilettes à l’extérieur(mais on avait un pot de chambre!!) eh, oui, dans les années soixante ça n’était pas extraordinaire! et une seule et unique pièce pour la cuisine et le salon.Et bien, ça ne nous a pas empêché de nous épanouir et Maïka avait même le luxe d’avoir Son fauteuil. Je me souviens, à droite de la porte, la pierre-à-eau, surmontée d’une grande fenêtre, avec une belle pompe ancienne, par la suite remplacée par un évier blanc, ensuite, toujours à droite, la cuisinière sur laquelle Maman faisait bouillir le linge (dans de grandes lessiveuses)  qu’elle allait ensuite laver à la rivière avec toute sa tripotée de marmots:nous.Pendant qu’elle tapait, frottait le linge, nous, on retournait les pierres pour trouver des poissons-chats, y en avait plein à cette époque.Derrière la cuisinière, un renfoncement que notre chienne adorait squatter, et au fond du salon la télé, qui n’est arrivée que tard dans notre foyer.On a connu l’époque sociale et riche des réunions dans les cafés où tout le village se rassemblait pour regarder le petit-écran.Au fond du salon, à gauche, la porte de la cour où les toilettes, le pigeonnier et un bric-à-brac d’objets usuels se côtoyaient..On accédait au premier étage par un escalier en bois dont nous connaissions par coeur le moindre grincement et quelles marches étaient à éviter absolument si nous voulions être discrets.En haut donc, sur le pallier, une sorte de petit placard sous l’escalier du grenier, et deux chambres, une assez grande et une plus petite.Nous partagions tous les six la même chambre, il y avait deux paires de lits-jumeaux et un lit de deux personnes.Nos parents avait une petite chambre contigüe et nous allions souvent les réveiller en sautant tous les six autour et sur leur lit.Le soir, on jouait à un jeu que nous appelions: »jouer dans le noir », en fait, on devait se cacher pendant que l’un de nous comptait et il devait ensuite nous retrouver, nous reconnaitre, tout ça, juste éclairés par la lueur du poële à fioul. J’adorais ce jeu où la frayeur s’accompagnait d’excitation, d’autant plus, que comme notre maison était vieille, nos parents en-dessous entendaient tout.Combien de fois Papa, qui n’était pas dupe, hurlait d’en bas de nous coucher et même quelques fois, est monté, mais, on évitait car notre Père était très nerveux et passait rapidement à la fessée.Tout en haut, il y avait le Grenier, notre grenier à nous les mômes, comme il recouvrait l’ensemble de la maison, il était grand.On y avait chacune et chacun, tracé notre territoire et on y rangeait nos petites affaires, jouets, etc…Je pense que nous aurons l’occasion, Gina, d’évoquer Le Grenier car il tenait une grande place dans notre enfance.

 

 

 

 

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Archive pour décembre, 2010

Blacky

Mon chien à moi, le premier.J’avais quatorze ans et j’ai tout fait pour l’avoir.Il faut dire que j’assurais.Tous les jours une balade et puis les petites sorties, je l’adorais mais avec le recul, et avec tendresse, je me rends compte qu’il était moche!!ça m’empêchait pas de l’aimer.Lui, je l’ai bien dressé, j’ai mis le temps, je lui disais »tu bouges pas! » et je courais comme une ouffe, et ben, il obéissait!!Gina,Tu te souviens que tu avais mis son empreinte à l’encre noire sur une feuille et me l’avais envoyé au Maroc?.En fait, avant de partir avec Aicha, Papa avait dit qu’il tuerait Blacky,et puis, au Maroc, j’ai assisté à la mise à mort d ‘un mouton, et je me souviens très bien, je ne sais pas pourquoi, je me suis mise à trembler pour mon chien et que papa le tue, je ne te remercie qu’aujourd’hui de ton excellente idée de m’envoyer l’empreinte de sa patte, preuve qu’il était bien vivant.Il n’est jamais trop tard pour bien faire et d ‘ailleurs je maudis ce maudit typhus qui nous a enlevé Maika et Blacky.

Mon petit cimetière.

Comme Maman, j’avais beaucoup de compassion pour les animaux blessés…et les gens.Je ramenais tous les « esquintés’ à la maison, parfois, Maman parvenait à les sauver, parfois pas.J’ai le souvenir d’un petit chat tout noir, il avait des vers dans les oreilles, beurk, et tous les soins de Maman n’ont pas suffit à le sauver.Il y avait souvent des cartons avec des rescapés.

Pour ceux qui finissaient leur vie, j’avais mon petit cimetière, comme dans « Jeux Interdits », c’était exactement à la même époque.J’ai toujours aimé créer des choses avec mes mains, alors, je faisais de jolies croix, et je décorais bien comme il faut la petite boîte où était allongé, sur un tissu tout doux ou du coton, mon ami éteint, puis je la mettait  au fond d ‘un  trou creusé avec une grosse cuillère, je recouvrais le tout de pétales multicolores ou des fleurs que je trouvais. J’allais souvent m’y recueillir, c’était vers chez Singet, à côté de la Seine, près de l’entrée du pré des vaches.

Maika et les autres…

Maika, notre petite chienne beagle était bien importante pour nous tous. Mais elle n’était pas la seule…

Maman avait des dons de vétérinaire, et ce don n’avait d’égal que son grand coeur. C’est ainsi que notre petit « jumelé », au fil du temps, a ressemblé  d’avantage à l’Arche de Noé.

N’oubliez pas que nous vivions à la campagne…. et des animaux, il y en avait partout autour de nous. Mais notre père, qui avait toujours de bonnes idées, avait décidé de faire l’élevage de pigeons pour les commercialiser au restaurateur du haut du village. C’est ainsi donc, qu’au fond de notre cour déjà très étroite, nous nous sommes retrouvés avec un pigeonnier….

Nous avons pu observer la vie sociale de ces volatiles, et le côté spontané et terre-à-terre du monde animal : Tu es en santé, tu vis, tu as quelque chose qui cloche … tu meurs. C’était aussi simple que cela, et cette règle fondamentale ne s’appliquait pas juste à notre pigeonnier, mais à l’ensemble du rêgne animal.Avec le temps, disais-je, j’ai pu voir à quel point maman était bonne pour s’occuper, en plus de ses enfants, de ces oiseaux. Un pigeon brun, devenu aveugle était voué à une mort certaine. C’est ainsi que l’avait décidé, par on ne sait quel jugement, la bande de « bibites » à plumes… Afin de protéger Jojo (c’est ainsi qu’il fut baptisé), maman l’avait donc isolé, et lui avait appris à se nourrir seul. Un peu plus grassouillet que les autres, il fut remis dans le pigeonnier quelques semaines plus tard, et pu finir de couler des jours heureux, sans jamais, à aucun moment, risquer comme ses congénères, la cocotte minute du restaurateur….

Il y eu aussi Toto la tortue.Elle avait éte ramassée sur le bord de la route par notre père qui revenait de son travail en mobylette. Ses pattes de devant infectées par des vers et creusées à l’os…  »Maman véto », toujours prête à sauver une vie, prit grand soin de Toto, qui avec le temps, retrouva des pattes toutes  »neuves ». Cette tortue ne nous apportait pas grand chose, car il y avait peu d inter-actions avec elle. La plupart du temps, nous savions qu’elle vivait avec nous, quand elle recevait un coup de balai, lors du ménage, et se mettait à glisser sur sa carapace au travers de la cuisine au complet.

 

 

 

MaÏka

Nous avons toujours eu un chien, et Maika nous a accompagné longtemps dans nos virées enfantines, tu te souviens?Quand Carola l’a vue, la première fois, les enfants des « gitans » s’amusait à la jeter à l’eau du haut du pont, à Gyé.On revenait de l’école et c ‘est vrai que les voir malmener cette petite chienne était un spectacle désolant.Dans mon souvenir, Carola a obligé les parents à adopter ce chiot en les menaçant de se jeter par la fenêtre de notre chambre….Maika a été par la suite notre mascotte et elle était exceptionnellement  tolérante et gentille…Combien de foi, pour nous marrer, nous l’avons affublée de lunettes, écharpes et même chaussettes!!Déguisée de la truffe à la queue par nos soins enfantins.

fabrication maison de papillottes

Vous prenez des bonbons assez gros, ensuite, vous découpez des bandes de papier d’alu d’environ 5 centimètres, puis, vous prenez un rouleau de papier toilette(pas de souci, hein, c’est propre) et prenez les morceaux déjà prédécoupés, de chaque côté (dans le sens de la longueur) vous découpez des franges fines, il ne reste plus qu’à emballer le bonbon dans le papier toilette, et mettre autour la bande d ‘aluminium, façon bonbon!!Et le tour est joué et c ‘est très joli.

Le sapin de Noël

Dans toutes les familles, le sapin trône dans le salon aux moins deux semaines avant la date fatidique de Noël…Et bien, pas chez nous.Notre mère, qui était très maline, avait décidé que c’était elle et elle seule qui montait le sapin de Noël, et ce… seulement le 24 au soir!!!

Explications:Je ne veux pas dire par là que nous ne participions pas,(quand je dis nous, c’était les six enfants),non, mais notre tâche s’arrêtait à la fabrication des papillotes-maison (bonbons fondants, papier d’aluminium, papier de toilette de couleur).Il faut dire qu’il y avait toujours un nouveau-né dans la maison (nous avons tous entre 18 et 20 mois d’écart), il fallait donc redoubler d’imagination et de prudence dans les temps des fêtes.Le sapin de Noël à lui seul, mobilisait donc toute la famille à des périodes différentes.

Une année, quelle ne fut pas notre surprise le matin du 25…Le fameux arbre entièrement décoré était …accroché au plafond de ce que nous appelions, le salon.

AH, Ben ça alors!!!

Il émanait de ce merveilleux décor une odeur bien bizarre, probablement des bougies qui servaient à l’époque, de petites lumières.

Et le sapin était accroché au plafond!!!

Je n’ai jamais revu d’arbre de Noël aussi surprenant de ma vie, nous étions tous restés béats avant de réaliser, que oui, il était là pour nous, et que nous pouvions, bien entendu après avoir chanté « petit Papa Noël », nous approcher et prendre nos cadeaux.

 

 

 

Maïka … et les autres ….

 

 

 

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Maïka était une petite chienne Beagle blanche et noire, et comme nous l’ a si bien décrit Cathy, c’était plus qu’un chien.

Elle a vécu bien longtemps cette petite bête-là, et je me souviens tout particulièrement de nos longues promenades.

Afin d’éviter d’avoir à m’occuper des mes frères et soeurs…, je prenais systématiquement comme excuse, au retour de l’école, qu’il fallait promener le chien…Je partais donc, seule la plupart du temps, avec notre Maïka…Un livre sous le bras, et la nature toute entière à ma disposition.Comme ça sentait bon l’innocence tout ça, et comme nous l’étions.Je vais vous faire une confidence.Allongée dans un pré ou courait un petit ruisseau, je lisais « le Rouge et le Noir » de Stendhal. Maïka, elle, explorait tous les petits espaces qui lui paraissaient suspicieux: Une envolée de pigeons, une mobylette sur le chemin, un craquement de branche, tout stimulait son instinct d’animal (surtout ce qu’il en restait). Elle venait de traverser le ruisseau, et courait dans ma direction, heureuse de venir me retrouver, afin, sans doute de m’inviter à quelque jeu…Comme je ne prêtais pas assez attention à ses folâtreries, elle décida de poser une patte ferme sur la page que je lisais…Aujourd’hui, encore, dans la bibliothèque du Lycée Marie-de-Champagne, le classique que je lisais à l’ époque, porte éternellement la trace du passage, ferme et volontaire, de l’empreinte de patte de Maika.

C’était signé et approuvé. »TU VIENS JOUER AVEC MOI, OU JE MANGE LE LIVRE AU COMPLET »…

J’ai fini par lâcher mon roman, pour aller courir avec celle qui était à l’ époque, ma seule et vraie amie.

 

 

 

Les vélos.

J’ai de tendres souvenirs de nos excursions par de chaudes soirées d’Eté, dans les rues et ruelles de Gyé, on exploitait à fond les possibilités de tractation de nos engins interruellaires!!Un sur le porte-bagage, et un sur le guidon!!! et un, qui conduisait à l’aveugle ou presque!On l’a échappé belle, on aurait pu louper tout ça! C’est vrai qu’on était libres, il y avait peu de crainte à laisser les enfants traîner et notre nombre, 6, était une sécurité, alors, à vélo, à Solex, on jouait à se chercher dans le village.C’était paisible. J’ai des images d’ombres et lumières sur nos visages de gosses, et surtout une, près des douches, au bord de l’eau, juste éclairés par un réverbère, j’entends même encore nos essoufflements, je ressens notre excitation d ‘antan.Les vélos ont toujours été présents dans notre enfance, je ne peux même pas l’envisager sans.Tu te souviens?On savait tout réparer, comme notre mère, parce que Papa, pour lui, une clé à molette, à coup sûr,  c’était un objet extra-terrestre!!Il avait sa Spéciale TT rouge, et c’est Maman qui trafiquait dedans…C’était une grosse moto qui pétaradait, et qu’on entendait arriver de loin.Tu te souviens, je suis sûre,  du Solex, noir bien évidemment, c’est casse-binette ces trucs là, mais quand t’as enlevé tout ce qui le motorise ( c’est un « truc » qui était sur le guidon), ça devient un vache vélo plus que lourd, ça nous a pas empêché d’en user et abuser comme des fous.On était vraiment des démmerdes, on se fabriquait aussi des « cartings » avec de vieux landaus ou poussettes et on dévalait les côtes herbeuses à fond de train. Une fois, Carola s’est empalée sur les barbelés, bon, le lendemain, on recommençait.On était toujours dehors, par n’importe quel temps et sinon, on avait Le Grenier.Cette folie enfantine ne connaissait que peu de limite, on testait tout.On se faisait pas disputer quand on rentrait tout sales et déchirés parce qu’on portait « les habits pour trainer ».

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Moi, j’me souviens…aussi des années 70

Qu’on se jetait dedans la neige comme des Oufs!!Et que Maman, ne nous imposait pas de sacrifier au nom de la sécurité et d’un éventuel refroidissement,  ces moments d’envolées magiques!On s’en balançait d’avoir froid, ou d’être mouillés.On rentrait quand on avait épuisé nos forces dans le contact tendre et tumultueux avec la neige.Je me souviens du cheval blanc et de la charette.On a eu, je crois la chance de vivre à une époque ou les « choses », les « objets », avaient un sens d’usage.On a en mémoire ce village épargné du bruit des automobiles où claquaient parfois, dans le presque silence, les sabots des chevaux.J’ai regardé l’autre soir, « La Vie devant soi », tiré d’un livre de R.Gary, j’ai retrouvé le parfum unique de cette époque…Mais revenons à nos flocons!!Je me dit parfois :comment que ça se fait qu’on est encore vivants?Bon sang, avec tout ce qu’on a fait, je me souviens que même avec la neige, on faisait du vélo et qu’on tirait chacun notre tour, et qu’on était contents de glisser, on avait plein de combines, on manquait pas d ‘imagination, j’ai plein de souvenir de la place, rue St Léon.On prenait de l’élan pour glisser le plus possible sur les flaques de glace, on se cassait la binette et on recommençait, heureusement que Maman n’était pas une sur-protectrice!Bon, on pleurait pas pour un oui pour un non, on était durs à la souffrance.Pis, c’était le prix pour continuer à explorer tranquillement sans que nos parents s’inquiètent.On a eu une véritable enfance.

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